• humeur

  • J’ai toujours utilisé la littérature jeunesse dans ma classe. Je dirai même que tout mon enseignement tourne autour de ce que l’on peut puiser dans la littérature jeunesse.


    C’est en cherchant des idées sur « le nuage bleu » de Tomi Ungerer, que je suis tombée sur un blog fustigeant cette littérature jeunesse. Une maman, pratiquant l’école à la maison, bannissait la plupart des livres jeunesse et notamment « Le nuage bleu ». Pourquoi ?

    Pour sa violence dans « ce n’était que carnages et pillages. Les blancs tuaient les noirs, les noirs assassinaient les jaunes, les jaunes trucidaient les rouges et les rouges exécutaient les blancs ». Ce nuage bleu, au départ irrévérencieux, libre, indépendant, refusant de suivre le cortège de ses semblables, se trouve un jour confronté à la violence et ses misères. Il est alors déstabilisé et prend conscience de ses possibilités. Il peut mettre fin à cette guerre et ce carnage par son sacrifice. Et il déverse la pluie qu’il avait jusqu’ici contenue sur cette ville en guerre. La paix revient et une nouvelle ville peut alors renaitre, une ville où la paix règne « Nuagebleuville »


    Quels sont les livres préconisés par cette blogueuse : les « Martine », la fameuse petite ménagère, les livres de la comtesse de Ségur, les contes traditionnels …
    « Les héros d’aujourd’hui ne sont plus les modèles de perfection qu’étaient les héros d’hier (parfaite petite Martine, qui a fait rêver plusieurs générations de petites filles!) » écrit-t-elle.
    Elle ne m’a personnellement jamais fait rêver et j’ai trouvé ces albums parfaitement ennuyeux. Dans ma petite enfance, la littérature enfantine n’était hélas pas aussi variée qu’aujourd’hui.


    C’est en élevant ses enfants dans une bulle aseptisée que cette maman pense tenir ses enfants à l’abri de la violence. Comment est-ce vraiment possible ? N’est-ce déjà pas une violence de ne pas laisser le choix à ses enfants ?


    La violence à l’école ?

    Oui, il y en a et je suis sûre que tous les enseignants sont comme moi et font tout ce qu’ils peuvent pour la combattre. La littérature jeunesse peut justement servir de médiateur, encore faut-il la connaitre et savoir l’utiliser…


    J’ai connu une élève qui n’a été scolarisée qu’à partir du CE1. C’était une enfant très éveillée, très cultivée, ayant des connaissances multiples et variées. Ce qu’elle ne savait pas, c’était vivre avec les autres, accepter leurs différences. Elle était souvent moqueuse, hautaine, voire méprisante. Elle a voulu s’imposer comme leader, écrasant ceux qui ne voulaient pas la suivre dans ses jeux. Lors d’une entrevue avec la maman, j’ai dû lui dire, que certes sa fille avait un excellent niveau scolaire, mais qu’elle n’était pas gentille avec ses camarades. Et là, les foudres me sont tombées sur la tête, comment osais-je dire cela d’un enfant ? Un enfant ne connait pas la méchanceté, un enfant est potentiellement bon… Cette enfant a été aussitôt déscolarisée.


    J’ai connu aussi des enfants scolarisés dont les familles avaient un vrai souci éducatif, un souci de transmettre certaines valeurs. Ces enfants n’avaient pas accès à la télévision ou uniquement avec des enregistrements faits par les parents. Ces enfants avaient une grande culture générale, étaient au courant de l’actualité et avaient un regard critique. Ils étaient avides de connaissances et enseigner dans les classes où ils étaient élèves était un vrai plaisir. Ils étaient là pour apprendre, pour rencontrer des camarades, jouer avec eux, échanger avec eux… C’était des enfants paisibles et apaisants pour les autres enfants de la classe. Ils avaient le choix de venir ou pas à l’école. Certes il pouvait y avoir des périodes d’absentéisme, mais qui n’avaient aucune incidence sur leur scolarité.


    L’école à la maison ? Oui si c’est le choix des enfants. Et ça ne peut être le choix des enfants que s’ils ont pu connaitre l’école. Je comprends les parents qui font une alternance : école à la maison, école, si c’est à la demande de leur enfant.
    La violence à l’école ?
    Depuis quelques années en maternelle (anciennement cycle 2 et cycle3), je vois que la violence survient dès le début.
    Il y a des enfants mordeurs, des enfants tapeurs, des enfants voulant s’accaparer tous les jeux …
    Celui-ci tape systématiquement tous les enfants passant trop près de lui. Souvent c’est par peur, difficultés à rentrer en relation avec l’autre, principalement lorsque le langage n’est pas maîtrisé. L’adulte intervient, explique… Petit à petit ce comportement disparait.
    Celui-ci tape parce qu’on lui dit chaque matin « ne te laisse pas faire, défends toi ». Et l’école lui dit le contraire : « demande l’arbitrage d’un adulte, la violence n’est pas une réponse à la violence ».
    L’école sert aussi à apprendre le respect de l’autre. On a le droit au respect et le devoir de respecter.
    Et quand je dis respect de l’autre, c’est respect de sa différence.


    Depuis quelques années, il devient de plus en plus difficile de lutter contre la violence. Les enfants vivent certaines situations dans leur famille, regardent des programmes de télévision qui ne sont pas expliqués par un adulte, jouent sur des tablettes ou autres écrans à des jeux violents déconnectés de la réalité. Un élève cette année se glorifiait de savoir jouer à un jeu « pour plus de 18 ans ». Que faisait ce jeu entre ses mains ?
    Depuis 2 ans je rencontre des enfants complètement « hypnotisés » par les écrans. J’ai deux ordinateurs dans la classe, en accès libre avec des logiciels éducatifs (Jocatop). J’ai mis en place un système de minuteur pour limiter les temps passé devant l’écran (des enfants pourraient y passer des heures en zappant d’un jeu à l’autre). J’interdis l’accès aux ordinateurs lorsque je sens la classe agitée, j’insiste sur le fait que les écrans sont excitants…

    Je relaie des vidéos trouvées sur Internet

    Je découvre ainsi les travaux de Serge Tisseron.

    Je vois ici et là des détracteurs de ses travaux, mais ce sont principalement des hostiles aux écrans et aux nouvelles technologies, qui pourtant rendent de grands services, ne serait-ce que pour partager des connaissances.

     Un sujet sur lequel je reviendrai très certainement et je vais essayer de mettre en place ces jeux de rôle" dans ma classe.

     

    Internet permet vraiment de faire des découvertes. Vidéos mises en ligne en 2010, 5 ans avant que je découvre ce professeur... C'est bien dans des sujets pareils que l'on découvre que la formation des enseignants a un souci. Il est bon d'avoir des vacances pour ouvrir un peu ses horizons.

     

     


    votre commentaire
  • L'inspection

     

    à lire l'article de Pierre Frackowiak,

    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2008/10/Frack_OuvaInspection.aspx

    et

    http://aideauxprofs.org/index.asp?affiche=News_display.asp&rub=Leurs_points_de_vue&ArticleID=2603

    et un super texte http://www.meirieu.com/FORUM/fracko_evaluer_refondation.pdf

    est-ce que notre hiérarchie lit ces articles?

    http://www.charmeux.fr/blog/index.php?2015/03/18/262-la-grande-illusion

     


    colloque sgen 68 Pierre Frackowiak Conclusion par SGEN68

    Pourquoi ces propos ne sont pas entendus en "haut lieu"?

    Je vais certainement vivre dans quelques jours la dernière inspection de ma carrière.

    J'ai rencontré toutes sortes d'inspecteur. J'ai connu les inspections où l'inspecteur prenait la classe pour "évaluer" l'ambiance, le niveau... l'inspecteur qui intervenait lorsqu'il voyait une situation sur laquelle l'enseignant pouvait rebondir vers un nouvel apprentissage... et des discussions ensuite sur la classe, sur les besoins...

    Mais depuis quelques années, les inspections tournent au contrôle. On reçoit une liste de documents à présenter lors de l'inspection. Tremblez, l'inspecteur arrive...

    Mon grand père était instituteur, formé à l'Ecole Normale. Ma mère n'a pas voulu suivre cette voie et est devenue éducatrice. Elle a pu enseigner sans le carcan d'une administration.

    J'ai la chance d'avoir un père inspecteur honoraire de l'Education Nationale et de pouvoir discuter avec lui de ce métier que je n'aurais jamais voulu faire. Un temps sanctionner des enseignants qui ne faisaient pas de "méthode globale" pour l'apprentissage de la lecture et quelques années plus tard jeter l'anathème sur ceux qui continuaient...

    On en est encore à parler du redoublement (le débat de ma dernière conférence pédagogique)... J'étais dans une école pilote dans les années 1970, le redoublement y était interdit. On avait déjà posé la base que le redoublement était inefficace. On pouvait poursuivre sa scolarité du CP à la 3ème sans redoublement. Et je crois savoir que la plupart des élèves ont réussi leur vie professionnelle. Nous sommes d'ailleurs un certain nombre à être devenu enseignant...

    Ce sont des enseignants que j'ai rencontré à l'école, au collège ou au lycée qui m'ont donné envie de faire ce métier. Des enseignants passionnés par leur métier, des enseignants insoumis aussi.

    Ce n'est pas d'inspection que les enseignants ont besoin. Ils ont besoin de moments de formation, d'échanges, de retour d'expériences qui se font à droite à gauche de manière isolée. Heureusement Internet permet aujourd'hui d'avoir accès au travail de certains collègues. Internet permet aussi ces échanges que notre administration ne met pas en place...

    Et ils ont aussi besoin qu'on leur fasse confiance.

    L'inspection

     Et le jargon?

    un jour quand j'aurai le temps je ferai un article sur le sujet. Les articles trouvés sur Internet sont anciens (2008) et depuis, ça a bien évolué avec les EANA et les EFIV (les éana et les éfiv, c'est devenu nom commun, doit-on écrire les éanas et efivs, je ne sais pas...). En d'autres temps on aurait dit "primo arrivants" ou "enfants du voyage"

     

     

    Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique